Prologue:
Elle y était, sachant bien que ce moment arriverait. Il ne lui restait plus qu'à faire le choix. Le sentier de gauche, rempli d'obstacles et de difficultés. Celui qui donnait sur la vie et la peur. Le chemin de droite, facile et accommodant. Celui qui donnait sur la fin de ses souffrances. Sera-t-elle capable de choisir...?

# Posté le lundi 21 juillet 2008 18:57

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 18:43

# 1 Gee <3

Le choix, elle eu toujours le choix. Dans tout ce qu'elle fit elle due choisir entre ceci ou cela, chose très difficile pour elle. Et de plus, c'était toujours le mauvais choix. En naissant par exemple, elle choisit de respirer au lieu de s'étouffer. Ce choix lui avait pris quelques minutes et presque coûté la vie. Elle se demandait encore si elle fit bien de ne pas s'étouffer. Suite à cela, sa vie n'était devenue qu'une suite de mauvais choix. A dix ans, elle fugua au lieu d'affronter ses parents en face, beaucoup plus facile, mais, résultat ? Elle se retrouva dans un pensionnat infesté de femmes qui tentèrent, peut-être trop, de devenir amies avec elle. Ensuite, à quatorze ans, plutôt que de se contenter de regarder ce petit chiot comme tout le monde, il avait fallu qu'elle le vole. Il lui fit tellement pitié, enfermé dans cette cage à peine assez grande pour lui. Il lui donna l'impression de vouloir mourir. Elle se dit, par la suite, qu'il était la réincarnation d'une personne à qui elle avait fait du mal dans une autre vie et qui, maintenant, lui pourrissait la vie. Elle commença vraiment à croire à cette possibilité.
Amy se leva péniblement ce matin-là. Elle savait bien que le juge ne serait pas clément avec elle, elle n'était qu'une jeune adolescente avec un casier judiciaire bien chargé. Il fallait bien qu'elle y aille, le contraire ne ferait qu'empirer son cas. Elle se leva donc lentement, réalisant soudain que ce fut probablement sa dernière nuit dans le pensionnat. Tout avait été rangé dans la chambre, tout le monde ici avait hâte qu'elle parte. Elle ne parlait jamais, était antipathique et en plus elle n'était pas belle. Elle n'avait jamais rien fait pour être belle mais elle se disait qu'elle n'en valait pas la peine. Évitant de manger quoi que ce soit, elle sorti dès qu'elle fut présentable, du pensionnat. Décidant qu'elle n'était pas assez maigre comme ça, Amy commença à se rendre au palais de justice à la marche plutôt que d'attendre le rare autobus de ville. Elle rêvait déjà à sa vie en prison, mais c'était trop beau pour être vrai. Ils ne l'enverraient pas éternellement en prison pour avoir volé un chien. Au moins là, il n'y aurait pas eu de fouineuse comme au pensionnat.
Finalement, arrivé au palais de justice ils la conduisirent à la salle d'audience où se passait le jugement. Amy se préparait mentalement à dire pourquoi elle l'avait volé, elle ne pourrait pas dire qu'elle avait l'impression qu'il la suppliait. Les gens auraient bien trop peur et l'enverraient dans un asile psychiatrique. Elle eût à peine le temps de réfléchir qu'un grand homme la fit asseoir à l'avant de la salle.

« Monsieur vous ne pouvez pas faire ça ! La France, c'est bien trop loin... »
« Alors vous n'avez qu'à choisir la prison, Mademoiselle. », répondit-il d'un ton las. »
« Non. Je vais aller en France, j'ai décidé. »
« Êtes-vous sûre Mademoiselle, vous savez que vous avez trois jours pour choisir », l'averti-t-il.
Non je ne suis pas sûre, mais pas du tout, pensa Amy.
« Oui tout à fait sûre Monsieur. », répondit-elle rapidement.
Et merde se dit-elle. Pourquoi j'ai dit ça.
« C'est d'accord alors. Vous partirez pour la France dans sept jours, soit, une semaine. » Et il frappa la table de son maillet comme pour conclure un marché.

# Posté le mercredi 23 juillet 2008 22:08

Modifié le samedi 03 octobre 2009 11:22

# 2 par Émie

Je ne savais pas si j'allais réussir à continuer de supporter cette vie. Mes parents étaient des monstres psychopathes insupportables. J'allais sur mes 16 ans, et toutes les années de ma vie s'étaient écoulées comme un enfer. Malgré tout, j'avais réussi à me protéger. Car j'ai retenu d'eux cette parfaite façon de manipuler les gens et d'être hypocrite aussi naturellement que l'apparition de la lune dans le ciel. C'est pourquoi ils pensaient que depuis tout ce temps j'étais dans leur jeu et que j'acceptais tous leurs actes affreux. Mais au contraire, je n'en étais plus capable. Je n'en ai jamais été capable. Je pensais m'enfuir ou mieux, mettre fin à mes jours. Car enfui, ils me retrouveraient et se vengeraient. Alors pourquoi allonger ma vie, si c'est pour savoir que je vais mourir après d'atroces souffrances? Je devais choisir entre voir des gens se faire torturer par mes parents toute ma vie, ou bien me faire torturer moi-même après avoir tenté de m'enfuir. Ces visages qui me suppliaient ne cesseront jamais de me hanter. Tous ces innocents que mes parents ont tués, et je n'ai jamais rien pu faire. Nous habitions une maison isolée au fond de la forêt, à 1 km d'un petit village nommé Oppy en France. C'était une raison évidente du pourquoi que nous n'étions pas encore condamnés en prison à vie.

L'aube venait tout juste de se lever, et ils discutaient déjà d'une potentielle nouvelle victime. Les enfants d'hier soir ne semblaient pas avoir satisfaite leur soif de sang.

« Ça fait longtemps qu'on s'est pas fait une adolescente, mon petit coeur » , a dit ma mère avec enthousiasme.

« J'admet que celle-ci semble délicieuse! » , lui répondit mon père.

Ils se délichaient presque les babines.

« Tu ne trouves pas Thomas ? » , me demanda ma mère.

Je m'approchai d'eux automatiquement. Ils tenaient entre leurs mains une annonce de recherche de famille d'accueil. On y voit le visage d'une jeune adolescente, Amy. Quand je regardai dans ses yeux, j'y vis toute la profondeur et la tristesse du monde. Son visage était illuminé comme celui d'un ange. Non, ils ne pouvaient pas lui faire du mal, elle semblait trop... trop intorturable!

« Oui, tout à fait » , répondis-je sans émotions.

Je pris ma décision. Je ne m'enfuirai pas, je ne me suiciderai pas. Mais je vais tout faire pour sauver au moins une victime, et ce sera celle-là.

« Parfait ! Je vais tout de suite faire l'appel, et nous verrons si la chance est de notre côté, ou du sien... » dit mon père avec un clin d'½il complice.

Ma mère et moi attendîmes calmement quelques minutes, mais en moi bouillait une angoisse que je n'ai encore jamais ressenti. Quand mon père revint tout souriant, mes espoirs s'envolèrent en fumée et je soupirai intérieurement de désespoir.

« C'était plus facile que je l'imaginais ! Ils veulent tellement se débarrasser d'elle qu'ils ont tout de suite accepté de nous prendre comme famille d'accueil sans que j'aille le temps de dire "miam"! » dit mon père avec une joie aussi grande que son c½ur est petit.

« Bien joué ! » lui dis-je en lui tapant dans la main et feignant totalement d'être heureux.

[Ma capacité de si bien mentir s'est développée avec mon besoin de survivre.]

Ma mère déboucha une bouteille de notre meilleur vin et nous servit à boire.

« À notre prochain bain de sang ! » dit-elle, le sourire fendu jusqu'aux oreilles.

« Et qu'il coule abondamment ! » répondîmes mon père et moi en ch½ur.

C'était ainsi depuis toujours.

# Posté le jeudi 24 juillet 2008 19:59

Modifié le samedi 03 octobre 2009 11:24

# 3 Gee

Sept jours. Qu'allai-je bien pouvoir faire? Je n'avais pas à faire d'adieu à personne et je voulais partir d'ici le plus tôt possible, histoire de ne pas trop m'haïr d'avoir pris cette décision. Bizarrement, cette fois-ci, j'avais l'impression de ne pas avoir fait le mauvais choix. Peut-être est-ce que je me trompais, mais après tout, ce ne pouvais pas être si pire. J'allais avoir une nouvelle famille, des parents qui m'aimeraient. Que souhaiter de mieux ? Je vivrais peut-être enfin normalement. Je voulais partir d'ici rapidement, je ne voulais pas découvrir que c'est un pays magnifique, que le Québec me manquerait.
Après que je fus sorti du palais de justice, un agent me reconduisit chez moi, mon ancienne maison, là où mes parents habitent depuis que je suis née. Les juges m'avaient proposé d'aller les voir. Proposer n'est pas le bon mot, suggérer et même pratiquement forcé. Ils croyaient sûrement que c'était une bonne idée, afin que je puisse partir sans trop de regrets. Mais je savais que ce n'était pas moi qui allait regretter, non c'était eux. Ils regretteraient d'avoir laissé partir la seule personne qui à su les endurer plus d'une semaine. Ils pouvaient se montrer tellement imposant et épeurant. Ils jappaient plus qu'ils mordaient mais parfois tu pouvais venir à te demander s'ils ne te mordraient pas réellement un jour.
Tournant dans la petite rue tranquille ou j'habitais, le policier me demanda qu'elle était mon ancienne maison. Je n'eus aucun mal à la reconnaître, rien n'avait changé. Les mêmes poutres, la même peinture qui s'effritait peu à peu et qui était d'une couleur peu commune. Un mauve tirant sur le bleu de laquelle émanait une tristesse non contenue.
« C'est là », dis-je lentement. Je soupirai ensuite exagérément, souhaitant que le policier me prenne en pitié et me ramène au poste de police. Je le dévisageai prenant un air de pitié espérant faire effet, mais non, il ne me jeta pas un seul regard, me pris par le bras et m'amena, comme si j'étais une gamine, à la porte de la maison. Je déposai doucement mon doigt sur la sonnette puis j'appuyai dessus. Dix secondes, trente, une minute. Personne ne répondit. À contrec½ur, je tambourinai avec mon poing dans la vitre de la porte. A peine quelques secondes plus tard, j'entendis des pas, visiblement c'était une femme en talon haut qui marchait, puis le déclic de la serrure que l'on tourne. Lorsqu'elle ouvrit, je me rendis compte que ce n'était pas ma mère qui se tenait dans l'embrasure de la porte mais une jeune inconnue qui avait l'air de sortir tout droit d'un magazine de mannequin. J'étais dégoûtée, il était bien évidant qu'elle n'était pas la femme de ménage, elle ne devait jamais avoir touché à un balais de sa vie. Comment mon père pouvait sortir avec cette poupée après avoir été marié à ma mère qui, malgré son caractère, devait être une femme merveilleuse et d'une grande beauté. Une beauté tout à fait naturel et non pas à force de chirurgies plastiques et de crèmes antirides. « Bonjour, que désirez-vous », demanda-t-elle d'une telle façon que l'on eût dit un robot.
« Euh... Oui, bonjour je m'appelle Amy et euh... je voulais voir mes parents. »
« Ah... Je ne savais pas que Luc a une fille. Êtes-vous sûre d'être à la bonne adresse ? »
« Oui madame, je reconnaitrais cette maison parmi mille et oui Luc, mon père, à une fille. » dis-je le plus bêtement possible. Non pour qui se prenait-elle ? En fait, je ne m'étonnais même pas qu'il n'ai pas parlé de moi.
« Bon, d'accord. Entrez, il est dans le salon, tu sais sûrement où il est. », Dit-elle sur un ton de méfiance. Je ne pris pas la peine de lui répondre, j'entrai et n'ayant oublié aucun détail de la maison je n'eus même pas à chercher. Il était là, assis nonchalamment sur le divan, comme tous les samedis matins où j'étais encore là.
« Bonjour papa... », Dis-je d'une voix tremblante.
« Amy... On m'avait prévenu que tu viendrais. Tu as sûrement rencontré ma fiancée, Jenna. » Dit-il sans même me regarder.
« Fi...fiancée...Pourquoi je ne l'ai pas su ? »
« Amy, tu es partie, si tu voulais tout savoir tu n'avais qu'à resté. Pour moi tu es devenue une inconnue qui est trop curieuse. » Me dit-il comme si de rien n'était. Je ne me laissai pas émouvoir, je n'allais pas pleurer devant lui tout de même. Rien n'avait changé, il était toujours pareil. En cachant du mieux que je le pouvais mon émotion je lui demandai :
« Et maman, où est-elle ? » Et là, il leva enfin les yeux vers moi et dit :
« Amy... ta mère est morte. Depuis un an... »
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# Posté le lundi 28 juillet 2008 17:14

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 16:20

# 4 par Émie

Il reporta son attention sur le journal qu'il tenait entre ses mains, comme s'il venait de me dire qu'il ne restait plus de crème glacée dans le congélateur.

«...morte? » chuchotai-je d'une petite voix.

J'en perdis toute mes forces et je sentis un poids de rage et de douleur s'abattre sur moi. Malgré moi, des larmes apparurent sur le coin de mes yeux et mes genoux se mirent à trembler.

Mon père me regarda avec mépris et me dit :

« Fais pas ta sentimentale. J'ai une semaine à t'endurer et je veux pas avoir de problèmes avec toi. C'est clair? Tu prends la chambre du fond, occupes-toi de tes repas et de ton ménage. T'es ici parce que t'as nulle part d'autre pour l'instant. Alors, je veux pas t'entendre te plaindre. »

Ses paroles me firent l'effet d'une claque. J'avais presque envie de lui cracher au visage. Mais je me retins. N'ayant rien à ajouter de poli, je me redressai dignement et me dirigeai vers ma chambre en trainant mes bagages derrières moi.

« Et ne grafignes pas le plancher avec tes valises, bon sang! » me fit-il l'honneur de me reprocher lorsque je fut à l'extrémité du couloir.

Je rentrai dans la chambre et refermai doucement la porte, malgré mon envie intense de la claquer fort. La pièce n'avait pas changé. Elle était restée la chambre la plus chaleureuse de la maison. Avec le plafond incliné et la grande fenêtre donnant sur la cour... Je passai mon doigt sur le rebord d'une table de chevet pour y tracer mon passage dans la poussière. Les flash back s'emparèrent de mon esprit et je plongeai dans mon passé. C'était la pièce où enfant, je jouais avec mon château de poupées et où ma mère prenait ses rares moments de repos à lire devant la fenêtre. Je ne la détestais pas complètement, mais il y avait de ces moments où je ne la reconnaissais plus. Nous étions séparées par une barrière de silence. Je me souviendrai toujours lorsqu'elle interrompait sa lecture pour me regarder. Dans ses yeux, elle m'envoyait un immense rayon d'amour et son sourire témoignait de sa fierté. Mais cela ne durait que quelques secondes, car un voile venait transformer cet amour en considération banale. Ces secondes, je les chérissais. Elles me remplissaient le coeur de force. Mais durant les dernières années où j'étais encore là, je ne faisais qu'espérer et les attendre. Si seulement ma mère avait chassé ce voile... Je serais toujours près d'elle et peut-être elle aussi ? C'est au moment où je commençais à me questionner du comment qu'elle est morte qu'un grincement familier interrompit mes pensées. J'avais mis mon pied sur la cachette dans le plancher. Ma mère y mettait des cadeaux pour ma fête sans que mon père le sache, parce qu'il ne tolérait pas qu'on célèbre les anniversaires d'une quelconque manière. Je me penchai et retirai la latte de plancher. J'y découvris avec surprise une enveloppe. Curieuse je la décachetai avec délicatesse et empressement. Je reconnus avec émoi l'écriture appliquée de ma mère :

Ma chère Amy,

Si tu parviens à lire ceci, c'est que je suis disparue, ou si les recherches ont été abandonnée, déclarée morte. Je veux m'excuser Amy, j'espère que tu me pardonneras. Je n'ai pas réussi à être une bonne mère pour toi. Tu étais une petite fille tellement impulsive, fragile et différente. Ton sourire pouvait faire fondre n'importe quel être humain. En toi, tu apportais toute l'innocence du monde. Tu méritais beaucoup mieux que l'enfance que tu as eu. Mais vois-tu, j'ai été piégé moi aussi. Luc m'a transformé. Plus les années avançaient, plus je tombais sous son influence et sous son contrôle. Quand tu es partie, j'aurais donné tout l'or du monde pour pouvoir te suivre. Mais par la suite, je n'avais plus le droit de te voir. J'étais maintenant seule avec Luc. Et c'est à ce moment que j'ai réalisé combien tu mettais de la lumière dans notre triste maison. Cela fait maintenant trois ans que je supporte cette noirceur. Il faut absolument que je parte avant de craquer. Luc devient pire de jours en jours. Méfie-toi Amy. Il est devenu encore plus mauvais que ce que tu as connu de lui.

En espérant pouvoir te revoir,

Élise, ta mère qui t'a toujours aimé.


Je n'eus pas une seconde pour me remettre de cette lecture, car j'entendis trois coups précipités à la porte. Je remis la latte de plancher à sa place et cachai la lettre précieusement. Luc fit son entrée sans attendre ma permission. Je ressentis un élan d'irritation.

« Qu'est-ce que tu me veux ? » lui dis-je.

Son expression m'inquiéta. Il s'approcha rapidement de moi et me plaqua contre le mur sans que j'aille le temps de réagir. Il tenait fermement mes poignets en haut de ma tête et je sentais son souffle contre mon front.

« Tu lui ressembles tellement...» me chuchota-t-il en replaçant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.

Ses yeux fous parcouraient mon corps avec animosité et désir. Calme malgré la situation, je fermai les yeux et soupirai de dégout envers la vie. Elle me donnait encore le choix. Me laisser faire, ( Pourquoi pas? Première expérience sexuelle avec son père, c'est très bon pour la santé mentale... ) , ou bien risquer de me défendre ( J'ai toujours trainé un poignard dans mon sac... ).
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# Posté le mardi 29 juillet 2008 23:18

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 16:44